Edito n°6- Le temps des révélations

 

Edito N°6 – Le temps des révélations

Depuis le début de la crise « Covid19 », j’entends et je lis beaucoup de choses invraisemblables.

J’ai été fortement décriée, le mot est faible, par certains et certaines de mes confrères/consœurs. Grand bien leur face, je sais qui je suis : une personne avec de fortes valeurs, une passionnée qui se bat pour bon nombre d’injustices. J’ai décidé aujourd’hui de mettre cartes sur table et de vous expliquer clairement mes positions et mes combats depuis 10 ans.

Il y a deux ans, j’ai rejoint l’ASSOCEM (Association des Consultants en Mariage), car elle revendiquait les mêmes valeurs auxquelles je crois et la même implication à professionnaliser nos métiers.Depuis le premier jour, notre combat et notre objectif restent les mêmes : celui de créer un code APE pour les métiers du mariage.En accord avec l’ASSOCEM, dont je suis la responsable « branche métiers pour les wedding designer » et avec le soutien de Virginie MENTION & Anne-Claire COUILLARD, cofondatrices de l’association, j’ai amorcé l’accélération de notre combat pour faire entendre notre voix.

Nous avons donc écrit une lettre au ministre de l’économie Bruno Le Maire que nous avons envoyée à la presse, au député Laurent Wauquiez et aux élus de nos secteurs.

POURQUOI les professionnels du mariage doivent-ils prendre conscience de l’importance d’avoir un code APE propre à cette activité de l’événementiel qu’est le MARIAGE ?Et pourquoi devons-nous créer en plus une charte spécifique à nos différentes activités ?

Parce que nous sommes : fleuristes, photographes, créatrices de robe, décoratrices, coiffeuses, officiants, wedding planner, animateurs, etc.) qui consacrent 100% de leur activité à cette branche :

– Car aujourd’hui, c’est en fonction de cette réglementation manquante que nous ne pourrons pas prétendre à certaines AIDES.

– Car aujourd’hui nous ne pouvons pas embaucher d’extras.

– Car aujourd’hui aucune réglementation tarifaire n’est claire.

– Car aujourd’hui aucune réglementation n’est faite sur un cahier des charges pour la valeur et la qualité du service fourni.

– Car aujourd’hui nous sommes incapables de répondre à la problématique de la saisonnalité de nos activités.

– Car aujourd’hui nous sommes incapables de répondre à la problématique des risques d’accidents liés à la manutention, aux déplacements et à la perte.

 Prenons l’exemple d’une créatrice de robe de mariée qui subirait un incendie qui détruirait un travail en cours de conception ; elle ne serait pas assurée pour la perte. (Il faudrait être une galerie d’art, un luthier ou un fourreur !)

Le secteur du mariage génère plus de 3 milliards d’euros par an en France. Nous sommes là, nous existons, nous sommes des professionnels du mariage et nos entreprises génèrent de l’emploi, des richesses et participent au développement économique de notre pays.

Nous devons absolument, dès aujourd’hui, STRUCTURER le marché du mariage avec un code APE spécifique.

Parler d’une même voix, alors que nos métiers sont différents, que nos structures sont différentes, que nos savoir-faire sont différents est compliqué. Mais nous devons faire corps commun pour la survie de nos entreprises et de nos emplois.

Alors certes, la complexité de notre marché est due notamment à la variété des types de métiers qui la compose :

– les artistes : photographes, designers, graphistes, musiciens…

– les artisans : fleuristes, créatrices de robe, décoratrices, coiffeuses…

– les métiers de l’hôtellerie /restauration/ tourisme : traiteurs, salle de réception, domaines, gites…

– et tant d’autres…

Alors que certaines personnes m’attaquent ; la conjoncture actuelle est un formidable prétexte pour dire les choses, nous découvrons les personnes sous un nouveau regard.

« parce que j’ai choisi, comme la plupart un métier/passion artistique de plus est ! ».

Devons-nous donc tout accepter sous prétexte que l’on pratique un métier artistique ???

Pardon mais ce choix d’activité professionnel, ce n’est pas de la chance : c’est ÉNORMÉMENT DE TRAVAIL et de SACRIFICES.Il se peut que ce soit une « activité secondaire » pour beaucoup de prestataires. Aucun problème, chacun est libre de ses choix mais pourquoi casser un marché en proposant des tarifs de prestations absolument sous-estimés ou des accords conciliants absolument aberrants ?

Comment pouvez-vous vous positionner comme professionnels alors que vous ne comprenez pas que l’on parle justement de la survie de votre entreprise et que vous n’avez pas de conditions générales de ventes ?!!

La fracture est selon moi bien évidente ! Il y a ceux qui VEULENT EN VIVRE car c’est leur EMPLOI. Et ceux pour qui c’est un amusement, un passetemps qui accepteraient de donner leur chemise en plus d’une ristourne.

Alors OUI aujourd’hui :

*  je revendique qu’il faut immédiatement se pencher sur les conditions de report des mariages en 2021. Je suis sans cœur ? Comment ça ??? JE VEUX SIMPLEMENT QUE MON ENTREPRISE SURVIVE.

*   je me bats AU NOM DE TOUS LES PRESTATAIRES DU MARIAGE dans l’attribution d’un code APE, d’une charte « mariage » et d’une réglementation structurant notre marché pour faire avancer TOUT LE MONDE.

Par ailleurs, je ne tolère pas que l’on me juge et que l’on me dénigre tout en restant bien mielleux face à moi.

J’assume fermement mes choix professionnels. Je suis une femme chef d’entreprise depuis 10 ans et mon activité à un sens : proposer le meilleur de mon savoir-faire à mes mariés tout en me respectant et en GAGNANT MA VIE.

Et pour finir, l’essentiel : mon plus bel engagement restera celui d’ouvrir les champs des possibles à mes 3 filles pour qu’elles deviennent des femmes indépendantes, respectées et fortes de leurs choix : des femmes libres et heureuses.

Virginie Racano

créatrice d’émotions depuis 2009